Communique de presse – 12 fevrier 2017


Nouvelles donnees sur les refugies vivant dans les rues de Paris

Les réfugiés de Paris - adultes et enfants - sont victimes d'une approche policière musclée et beaucoup sont contraints de dormir dans la rue, sans couvertures et dans des températures glaciales, selon une nouvelle étude par l’organisation Refugee Rights Data Project (RRDP).


59,6% des réfugiés et des personnes déplacées qui dorment à Paris ont été réveillés dans la nuit par la police et ont reçu l’ordre de se déplacer. 36,5% ont subi différentes formes de violence policières dans la ville, notamment des coups et des gaz lacrymogènes.

De plus, 32,7% ont été saisis de leurs effets, y compris des couvertures ou des sacs de couchage, soit par la police, soit par des citoyens, soit par des réfugiés. 74,3% veulent rester en France.

Ces chiffres frappants figurent dans un nouveau rapport, Life on the Streets (“La vie dans les rues”), publié aujourd'hui par l’organisation Refugee Rights Data Project (RRDP, en français: le Projet de Données pour les Droits des Réfugiés). Le rapport est basé sur des entretiens avec 342 réfugiés et personnes déplacées dans le quartier de La Chapelle de Paris, réalisés entre le 18 et le 22 janvier 2017.

Les données de RRDP concernant les enfants sont particulièrement alarmantes compte tenu de la récente décision du gouvernement britannique de mettre fin au transfert d'enfants non accompagnés dans le cadre de l'Amendement Dubs.

La directrice adjointe de RRDP, Natalie Stanton, a declare:

« Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a lancé il y a quelques semaines une initiative pour que plus personne ne dorme dans les rues de Paris, mais nos données révèlent une réalité très différente. La violence policière est fréquente et les réfugiés qui dorment à la rue se voient souvent confisqué leurs couvertures et leurs sacs de couchage sans d’autres choix viables. Les femmes, les enfants et ceux qui ont des problèmes de santé sont notamment concernés.

Ces révélations sont particulièrement alarmantes à la lumière de la décision du gouvernement britannique de mettre fin aux transferts dans le cadre de l'amendement Dubs - un mécanisme juridique qui pourrait protéger les enfants à Paris cherchant à obtenir une protection auprès du Royaume-Uni. Des efforts accrus et durables sont nécessaires de la part des autorités françaises pour faire face aux graves problèmes de protection auxquels sont confrontés les enfants en France et le gouvernement britannique doit assumer et remplir ses obligations morales.»

Apercu des principaux resultats du rapport:


Toutes les personnes interrogées

  • 59,6% des répondants ont été ordonnés par la police de se déplacer alors qu'ils dormaient. 53,9% ont décrit cette expérience comme «violente», tandis que 52,5% ont dit avoir «eu peur» au cours de ces incidents. Seulement 4,9% ont compris pourquoi on leur avait demandé de se déplacer.
  • 36,5% ont connu d'autres formes de violence policière à Paris, à la fois physiques et verbales.
  • 32,7% ont déclaré que leurs effets personnels avaient été pris à Paris. Parmi ceux-ci, 47,3% ont déclaré qu'ils avaient été pris par la police. 61,6% ont déclaré avoir ainsi perdu leur couverture ou leur sac de couchage et 20,5% leur tente.
  • 53,2% ont déclaré avoir un problème de santé, y compris des problèmes de santé mentale.
  • 25,7% avaient déjà séjourné dans des camps à Calais ou Dunkerque et 74,3% voulaient rester en France.

Mineurs (enfants de 17 ans et moins)

  • 15,2% de toutes les personnes interrogées étaient des mineurs de 17 ans ou moins.
  • 96% des mineurs n'étaient pas accompagnés par un adulte, ce qui suggère qu'ils devraient être admissibles au transfert au Royaume-Uni en vertu de l'Amendement Dubs.
  • 50% ont été ordonnés par la police se déplacer alors qu'ils dormaient, et 57,7% ont qualifié cette expérience de «violente» et «effrayante». Seulement 7,7% ont compris pourquoi on leur avait demandé de se déplacer.
  • 44,3% des mineurs ont subi des gaz lacrymogènes à Paris.
  • 44,2% des mineurs éprouvaient des problèmes de santé.
  • 28,9% des mineurs vivaient auparavant dans les camps de Calais ou Dunkerque et 51,9% voulaient se rendre au Royaume-Uni (un chiffe largement supérieur par rapport au reste des personnes interrogées: seulement 28,7% voulaient se rendre au Royaume-Uni).

A propos de Refugee Rights Data Project (RRDP)


Refugee Rights Data Project (RRDP, en français: le Projet de Données pour les Droits des Réfugiés) est une organisation non gouvernementale de défense des droits humains et un organisme caritatif enregistré au Royaume-Uni. Nous visons à combler les lacunes en matière d'information concernant les réfugiés et les personnes déplacées en Europe en menant nos propres recherches sur le terrain.

Notre organisation est coordonnée par des individus en provenance d’un large éventail de secteurs et de milieux. Nous sommes indépendants de toute idéologie politique ou religion, unis par notre engagement à défendre les droits humains d’un des groupes les plus vulnérables au monde. Pour plus d'informations, visitez www.refugeerights.org.uk.

Details du Contact


Natalie Stanton
Directrice Adjointe et Coordinatrice de Communications
T: +44 (0)7817 380 897
E: info@refugeerights.org.uk